Joli mois de mai

< mai 2020 (n° 475) >

« En mai, fais ce qu'il te plaît », prone le dicton. Et si d'aventure il nous plaisait de ne rien faire, ça tomberait à pique : un jeudi de l'Ascencion qui fleure bon le viaduc et deux vendredi fériés, voila qui ramène les jours ouvrables au nombre de dix-sept, soit à peine plus d'un sur deux ! Encore heureux qu'à vingt-quatre heures près on n'ait raté le lundi de Pentecote : plus, ç'eût été presqu'indécent ! N'allons pas pour autant crâcher dans le brouet, les temps sont assez durs pour que l'on voit dans ce semblant de laissez-aller la juste contrepartie d'un labeur astraignant : Sisyphe en personne ne paraissait-il pas quand les dieux de l'Olympe, occupés à batifoller avec quelque mortelle, avaient le dos tourné ?

 

prône

à pic

l'Ascension

deux vendredis (les noms de jours sont des noms communs qui prennent normalement la marque du pluriel)

voilà (à l'origine, contraction de vois là)

on ait raté (le tour n'a rien de négatif)

Pentecôte

c'eût été (la cédille n'a rien à faire devant la voyelle "e")

presque indécent (l'élision n'est possible après presque que dans le nom presqu'île)

cracher

pour que l'on voie (subjonctif exigé par la corrélation de conséquence assez... pour que)

laisser-aller (à la différence de laissez-passer)

astreignant

ne paressait-il pas (attention au sens !)

batifoler