D'endive en chicon

< novembre-décembre 2018 (n° 460) >

Ils nous la baillent belle, avec leur République réputée une et indivisible ! Ne sont pas prêts de s'éteindre les vingt débats autour de « chocolatine » et « pain au chocolat », « serpillière » et « vassingue », « mache » et « doucette » ! C'est que le Français, dans sa quête d'universalité, n'a pas raillé de la carte, tant c'en faut, les particularismes régionaux : quantités de vocables — la « drasche » des Chtis, par exemple — demeurent impénétrables pour le reste de l'Hexagone, et plus d'un « dînent » encore à l'heure où la plupart « déjeune » ! Faut-il pour autant s'en formalliser ? C'est, prétend-t-on, de l'uniformité que n'est l'ennui, et il y a souvent plus de poésie dans deux mots que dans un seul…

 

pas près de s'éteindre (la préposition de qui suit suffit à exclure l'adjectif prêt, lequel n'aurait d'ailleurs pas le même sens)

vains débats (pourquoi justement « vingt » ?)

wassingue

mâche

français (minuscule quand il est question de la langue)

rayé de la carte

tant s'en faut

quantité de vocables (employé sans déterminant, quantité reste au singulier, même si le verbe doit être, lui, au pluriel)

drache

chtis (Larousse comme Robert s'entendent sur cette minuscule)

plus d'un dîne (après plus d'un, le verbe se met au singulier)

la plupart déjeunent (si l'absence d'accent circonflexe est bien de rigueur, le verbe qui suit la plupart est au contraire au pluriel)

s'en formaliser

prétend-on (le « t » euphonique est superflu après une forme verbale qui se termine par un « d »)

que naît l'ennui (attention au sens !)