Cinquante ans déjà...

< mai 2018 (n° 454) >

C'était au temps — bénit ? — où les mais sentaient moins le muguet que la poudre ; où le pavé, dut-il recouvrir la plage, volait bas plus souvent qu'à son tour ; où le flic, bardé de pied en cape, ne s'embrassait pas encore mais s'enlassait virilement ; où les automobiles se consummaient plutôt qu'elles ne consommaient. Une époque où pour un rien s'errigeaient les barricades, se déployaient callicots et banderolles, se vosciféraient dans les hauts-parleurs des slogans réclamant sciamment l'impossible... Combien loin nous semblent aujourd'hui ce prurit soixante-huitard, cet acné revendicatif ! Ne subsiste plus, sur fond acre de gazs lacrymogènes, que la nostalgie d'une jeunesse éparpillée façon puzzle...

 

béni (la variante bénit ne s'emploie qu'en cas de bénédiction rituelle donnée par un prêtre ; or, il s'agit ici d'une image)

dût-il (subjonctif imparfait, traduisant à la fois condition et opposition)

de pied en cap (il est ici question de la tête, et non du vêtement)

s'enlaçait

se consumaient

s'érigeaient

calicots

banderoles

se vociféraient

haut-parleurs (haut, considéré comme un adverbe, reste invariable)

sciemment

nous semble (suivent certes deux sujets, mais ils sont synonymes et renvoient à une seule et même réalité)

cette acné revendicative (acné est du genre féminin, une seule faute pour le démonstratif et l'adjectif)

âcre

gaz (les mots se terminant par un « z » sont invariables)