Honni soit qui mâle y pense !

< avril 2018 (n° 453) >

Dernier gadget inventé par l'agent féministe et destiné à mettre d'avantage encore notre langue au court bouillon : l'écriture inclusive. Comme son nom l'indique, il sierra désormais que l'on inclût dans notre discours les formes — grammaticales ! — féminines, jusque là englobées dans un neutre aux allures de masculin arrogant et dominateur. Reste à savoir si l'usagé, traditionellement peu enclin à se compliquer une tache déja ardue, jouera le jeu et consentira à allourdir ses phrases au mépris de leur rhytme et de leur musique. D'autant que, pour plus d'un, le dit jeu n'en vaudra pas nesséçairement la chandelle : s'il suffisait de retoucher la langue pour que les inégalités se fânent, ça se saurait...

 

la gent féministe (attention au sens !)

davantage

court-bouillon

siéra (futur du verbe seoir)

que l'on inclue (l'imparfait du subjonctif ne pouvait convenir après le futur simple de la principale)

jusque-là

l'usager (qui n'est pas forcément âgé ni... usagé !)

traditionnellement

tâche

déjà

alourdir

rythme

ledit (le participe dit fait toujours corps avec l'article ou l'adverbe sus)

nécessairement

se fanent

 

P. S. Bien sûr, le « mâle » du titre était un clin d'œil voulu !