Côté court

< juin 2017 (n° 444) >

Que l'on soit ou non accroc au tennis, que l'on appartienne à la jet-set ou au vulgum-pecus, peut-on déçamment imaginer mois de juin sans Roland Garros ? Sans ces balles jaunes fluo que se renvoient comme des métronomes, et jusqu'à plus soif, des athlètes sur-entraînés ? Sans l'orange de la terre battue, laquelle, au moins autant que les verts tendres du Wimbledon à venir, préfigure les vacances tout proches ? Sans ces ahan qui, rageurs autant que rock, rythment les échanges ? Allez-vous passer de ces jeux décisifs, de ces revers à demain, de ces sublimes amortis qui déclenchent des holà ? Pour vous priver de tels plaisirs, il faudrait à tout le moins que la billeterie afficha complet...

 

accro (« passionné »)

vulgum pecus

décemment

Roland-Garros (s'agissant ici du stade ou du tournoi, et non de l'aviateur, le trait d'union s'impose)

jaune fluo (quand un adjectif de couleur est constitué de plusieurs mots, aucun ne prend la marque du pluriel ; il en ira autrement, plus loin, de vert tendre, qui est un nom)

surentraînés

lequel (ce relatif ne renvoie pas à la « terre battue » mais, par opposition aux « verts tendres » qui suivent, à orange, masculin quand il désigne la couleur)

toutes proches (l'adverbe s'accorde ici pour raison d'euphonie, étant suivi d'un adjectif commençant par une consonne)

ahans (nom commun qui prend normalement la marque du pluriel)

rauques (attention au sens !)

Allez vous passer (le pronom vous se rapporte ici à l'infinitif, d'où l'absence de trait d'union)

à deux mains

des olas (holà sert à interpeller ou à arrêter)

billetterie

affichât (subjonctif entraîné par le verbe falloir)