Ode au muguet

< mai 2017 (n° 443) >

J'ai toujours raffollé de cette liliacée dont, dans quelques jours, on s'arrachera à l'envi les bruns. La femme que je suis aime par dessus tout sa fragilité, la délicatesse subtile de ses exalaisons. Sa simplicité aussi : rien à voir avec ces fleurs aux graphies tarabiscottées que sont le chrysantème, le myosotis ou le forsytia ! Ni avec celles dont on ne sait jamais, quoi qu'on fasse, si elles sont males ou femelles : l'ambiguë asphodèle, le fourbe amarillys, sans oublier cette azalée qui m'aura longtemps trompé. Je n'oublie pas non plus que, depuis soixante-dix ans et quelque, elle accompagne nos mai et, de toutes ses clochettes, chante le travail : est-il symbôle plus gracieux que celui-là ?

 

raffolé

brins

par-dessus tout

exhalaisons

tarabiscotées

chrysanthème

forsythia

mâles

ambigu (asphodèle est du masculin)

la fourbe (le nom qui suit est du féminin)

amaryllis

trompée (on sait depuis le début de la deuxième phrase que c'est une femme qui parle ici)

et quelques (années)

nos mais (les noms de mois sont des noms communs qui prennent la marque du pluriel)

symbole