Alea dicta est

< mai 2016 (n° 433) >

Un quart-de-siècle après, on remet ça ! À l'instarre des Gaulois d'un petit village que nous connaissons bien, les Français d'aujourd'hui disputent à l'envi d'orthographe. Se disputent même et, au lieu des poissons d'hier, se balançent à la tête oignons et nénuphars. « Quel chienlit ! » n'eut pas manqué de s'exclaffer quelqu'un qui les a abondemment pratiqués. Mais c'est égal : quelques soient, en l'occurrence, les excés des uns et des autres ; quelques anachroniques que puissent paraître ces jouttes, voilà qui témoigne de la relation quasi-charnelle qu'ont toujours entretenu nos compatriotes avec leur langue : loins d'être de simples outils, les mots ont un visage, et mieux vaut qu'il nous sourit !

 

quart de siècle

à l'instar de

se balancent

Quelle chienlit (le nom chienlit est du féminin)

n'eût pas manqué (conditionnel passé deuxième forme, et non passé antérieur de l'indicatif)

s'esclaffer

abondamment (de l'adjectif abondant, avec un « a »)

quels que soient (toujours en deux mots devant un verbe)

excès (accent grave)

quelque anachroniques (dans le tour de concession quelque... que, quelque est adverbe, et donc invariable, quand il précède, comme ici, un adjectif)

joutes

quasi charnelle (on ne met de trait d'union après quasi que quand celui-ci précède un nom)

qu'ont (...) entretenue (accord avec le COD antéposé qu', mis pour le féminin singulier relation)

loin (adverbe invariable)

sourie (subjonctif entraîné par le tour mieux vaut que)