Silence, on revit !

< mai 2019 (n° 465)

Qui dira la douceur d'être à Cannes, à l'heure du festival ? À quelques encâblures d'une mer bleu-roi, sous un ciel sans nuage, à l'ombre des palaces aux balustres ouvragées, l'existence vaut soudain d'être vécue. Peu me chaud qu'une starlette moins affriolante qu'excédente s'adonne à ses vaines minoderies ; que le gazettier en mal de papier s'essoufle à nous faire prendre la paille de ses mots pour le grain des choses ; que le badaut, tel une phalène ivre, se voit attiré par le strass des marches plutôt que par la substantifique moëlle de salles obscures auxquelles il n'a, de toutes façons, pas accès. On est en Mai, juste avant un nouvel été de tous les possibles, et le cinéma est dans la rue !

 

encablures

mer bleu roi (le trait d'union n'est requis qu'entre deux adjectifs de couleur)

sans nuages (quand il n'est pas totalement bleu, un ciel en compte généralement plus d'un)

balustres ouvragés (le nom balustre est du masculin)

Peu me chaut (rien à voir avec l'adjectif, il s'agit ici d'une forme de l'ancien verbe chaloir)

excédante

minauderies

gazetier

s'essouffle

badaud

telle une phalène (tel s'accorde en principe avec ce qui suit, et non avec ce qui précède)

se voie (après peu me chaut, le subjonctif est de rigueur)

moelle

de toute façon (cette expression est toujours au singulier)

en mai (excepté pour une personnification poétique, les noms de mois ne prennent jamais la majuscule)