Dicton, piège à... saisons !

< avril 2016 (n° 432) >

« En avril, ne te découvres pas d'un fil », rappelle, péramptoire, l'adage bien connue. Mais cette sagesse populaire, que personne n'aurait hier mis en doute, n'apparaît-elle pas, de nos jours, étonnamment désuette ? A-t'elle encore court à l'air du réchauffement climatique ? Après que Noël se soit passé au balcon, Pâques est-il nécessairement voué au tison ? Plus d'un en doutent ouvertement désormais — et pas seulement, il va sans dire, pour des raisons météorologiques. C'est que l'on n'est de moins en moins enclin, aujourd'hui, à se laisser dicter sa conduite, fut-ce par des dictons prétendûment sensés : qui, parmis nous, accepte encore de patienter jusque mai pour faire ce qu'il lui plaît ? Signe des temps...

 

ne te découvre pas (pas plus de « s » au singulier de l'impératif de couvrir et de ses dérivés qu'à celui des verbes du premier groupe)

péremptoire

l'adage bien connu (adage est du genre masculin)

mise en doute (le participe passé doit s'accorder avec son COD placé avant lui : que, mis pour le féminin singulier sagesse)

désuète

A-t-elle (le « t » euphonique est précédé mais aussi suivi d'un trait d'union)

cours

ère (pour que la phrase ait un sens !)

Après que Noël s'est passé (la locution après que veut l'indicatif et non le subjonctif, comme on le croit trop souvent)

Plus d'un en doute (à moins qu'il n'exprime une réciprocité, le verbe qui suit plus d'un reste au singulier)

l'on est (le tour, ici, n'est pas négatif)

fût-ce (il ne s'agit pas d'un passé simple mais d'un subjonctif imparfait, auquel on pourrait substituer serait-ce)

prétendument

parmi (jamais de « s », au contraire de hormis)

jusqu'à mai (jusque ne se passe de la préposition à que devant une préposition ou un adverbe)