Illusions perdues

< janvier-février 2016 (n° 430) >

Combien de bonnes résolutions cet ingénu s'était-il vaillament imposé, aux prémices tant attendus de la nouvelle année ! Fumer moins d'un paquet par jours, mettre de temps à autres la main à la patte, laisser son bureau dans l'état où il eut aimé le trouver en entrant, ect. Lasse ! rien y faisait, et les Rois n'étaient pas tirés qu'il les avait déjà oubliés : les promesses n'engagent que ceux qui y croient et lui-même, en son fort intérieur, avait fini par n'y plus croire. Reprenait alors, immuable, le cours des choses, dans l'attente fièvreuse de la prochaine Saint Sylvestre. Qui sait ? Un jour, peut-être, il atteindrait l'âge de raison. À supposer qu'il exista, ce dont il commençait à douter...

 

vaillamment

s'était-il (...) imposées (l'accord du participe passé d'un verbe accidentellement pronominal se fait avec le COD qui le précède, ici le féminin pluriel résolutions)

attendues (prémices est un nom féminin pluriel)

par jour (chaque jour)

de temps à autre

la main à la pâte

eût aimé (conditionnel passé deuxième forme, et non passé antérieur)

etc. (se souvenir de la forme développée et cetera peut aider)

Las ! (équivalent littéraire de hélas !)

rien n'y faisait (tour négatif)

qu'il les avait (...) oubliées (le COD les qui précède le participe renvoie de toute évidence aux résolutions, et non aux Rois)

for intérieur (ce for-là vient du latin forum)

fiévreuse

Saint-Sylvestre (trait d'union obligatoire quand il est question de la fête)

existât (subjonctif imparfait entraîné par la locution conjonctive à supposer que, et non passé simple)