Le livre du jour

CENT MOTS À SAUVER

par Bernard Pivot
Éd. Albin Michel
130 p., 12 €

Mâtin ! que ce livre est bath ! Pour une fois réduits à quia, les scrogneugneux, les vétillards, les professionnels – souvent valétudinaires – du brocard et de la goguenardise, prompts à potiner et à débagouler sur ces clampins d'auteurs, ont rengainé leurs carabistouilles. Aux heures matutinales et derechef à la brune, moult babillards, faisant fi de toute cautèle, s'ébaudissent avec fla-fla aux étranges lucarnes, se répandant sans barguigner en propos melliflus sur un ouvrage dont ils se sont visiblement toqués. Subséquemment, il sied, fussiez-vous le dernier des purotins ou des fesse-mathieux, que dès potron-minet vous poussiez l'huis du libraire pour qu'il vous baille icelui. Ne vous cassez pas la nénette, il est partout, dans notre septentrion comme ailleurs. Diantre ! Cela vous reviendra moins cher que de pétuner, de faire ribote ou, en vue d'hypothétiques déduits, de vous opiniâtrer à engraisser des ruffians en poursuivant gourgandines et radeuses jusque dans les lupanars : ce brimborion ne coûte que quelques euros...

Ouf ! en voilà quarante-quatre de sauvés... Et si pour vous tout n'est pas clair, il est temps de jeter votre gourme et de vous ruer sur le livre en question. Vous ne voudriez pas, saperlipopette, passer pour un béjaune, un jocrisse ? Pis : pour un jean-foutre ?

Quarante-neuf. Pour les autres, macache !

Allez, cinquante. Mais c'est notre dernier mot, Bernard.