À quand la grammaire durable ?

(Comines - 2011)

L'effervescence qu'a créée en France la possible exploitation des gaz de schiste, censée corrompre la nappe phréatique et accroître l'effet de serre, en est une preuve supplémentaire : il ne se passe plus une semaine sans que nous nous voyions rappeler les responsabilités qui sont les nôtres en matière d'environnement. Et, la plupart du temps, sans ambages superflues ! Tout est bon, en effet, pour peupler nos cauchemars de sternes et de mouettes mazoutées, de convois remplis jusqu'à la gueule de déchets radioactifs, voire — car ça pèche également sur le front de l'halieutique — d'espèces sous-marines pour lesquelles tout s'est achevé en queue de poisson...

Trop heureux si l'on n'en rajoute pas une couche avec l'ozone, mis à mal par le fréon et nos aérosols ! Au demeurant, qu'il siée d'adopter une attitude autrement mature si l'on ne veut pas que nos arrière-petits-enfants héritent moins d'une planète que d'un dépotoir n'est pas douteux. Mais que ne se soucie-t-on aussi, dans ce cas, de cette pollution visuelle qui frappe sous-titres, panonceaux et banderoles ? Combien de fois — j'en frémis rien qu'en l'écrivant ! — attend-on des automobilistes qu'en tout bien tout honneur ils se mettent « sur deux filles » ? qu'ils suivent aveuglément les conseils de Bison fûté ? ou encore que, pour lutter contre la somnolence, ils fassent une « pose » toutes les cent vingt minutes...

Écologie et orthographe, même combat ! Comment des gens qui, entre deux mots, se refuseront toujours à choisir le moindre, pourraient-ils décemment faire fi de la cindynique ou de la molysmologie ? Comment ne se découvriraient-ils pas d'atomes crochus avec ceux qui, à longueur d'année, nous entretiennent de dioxyde d'azote ou de composés organiques volatils, tel l'aldéhyde ? Comment ces meneurs de Sanchos, grands pourfendeurs de moulins à vent devant l'Éternel, oseraient-ils se faire porter pâles quand l'heure est à la défense tous azimuts des éoliennes ? En contrepartie, quand diable s'avisera-t-on que notre langue mérite, elle aussi, d'être protégée contre les négligences coupables de l'usager ?

 

TESTS

La dictée s'étant tenue un vendredi 13, on ne pouvait proposer aux candidats que des mots de treize lettres, avec l'espoir que cela leur porterait bonheur !

- bâillonnement, psychanalyste, shakespearien, ornithorynque, schizophrénie (fin pour les juniors) ;

- hypothyroïdie, mytiliculteur, dacryocystite, colibacillose, sarrussophone (fin pour les seniors amateurs) ;

- scyphozoaires, litispendance, emphytéotique, caryophyllées, syringomyélie (fin pour les adultes professionnels).