Un métier au poil

(Pont-à-Marcq, 2016)

à mon prédécesseur Claude Vanhaverbeke,
avec qui j'ai toujours été de mèche...

Mais qu'ont-ils tous à briguer la magistrature suprême ? À vouloir s'impatroniser dans un quartier d'où l'on ne sort généralement ni saint ni honoré ? Pour tenir bon, l'actuel locataire — un don Juan qui ne s'ignore pas — se sera toujours montré prêt à faire du scoot entre chien et loup. Son prédécesseur, quant à lui, n'aura cessé de jogger hors du palais, au mépris d'occasionnelles et impressionnantes syncopes. Mais, inexplicablement, eux-mêmes semblent enclins à rempiler. Que de camouflets ils ont pourtant essuyés ! Combien d'avanies ils ont eu à subir ! À quel rythme effréné, quasi ininterrompu, se sont abattus sur eux les quolibets des médias ! À croire que ces bonnes gens sont caparaçonnés de pied en cap...

On en viendrait à se demander s'il ne sied pas plutôt de viser l'entrée de service : n'a-t-on pas appris — l'info a même été diffusée... en boucle — que le capilliculteur attitré des lieux gagnait quelque dix mille euros par mois, pile-poil neuf mille huit cent quatre-vingt-quinze ? Un rapport qualité-prix qui inciterait à prendre racine, vu la poignée de cheveux qu'il reste à désépaissir sur le sinciput du maître de céans ! Mais il fallait évidemment compter avec le risque qu'il s'en fît de nouveaux durant son mandat, entre chômage endémique, paparazzis insatiables et attentats à répétition. Avec, aussi, les caprices d'une météo qui lui aura arrosé le cuir aussi consciencieusement que l'opposition le lui aura tanné.

Il n'empêche : alopécie, calvitie, voire trichotillomanie tranquilliseraient presque les assujettis à l'impôt que nous sommes. À tant faire que d'être un chef, choisissons-en un qui n'abonde pas dans notre cens ! À l'heure du vote, pensons plus volontiers au figaro qu'au Figaro ! Fi des sourcis broussailleux et des ébouriffantes rouflaquettes ! Au diable vauvert les infinis tifs ! Par-dessus bord les tignasses crollées qui, par ces temps de vaches maigres, frisent surtout l'indécence ! Et tant pis si, par voie de conséquence, la parité doit en pâtir davantage et la gent féminine se faire coiffer derechef au poteau : moins il y aura de chignons à crêper, moins le contribuable sera censé pédaler dans la choucroute...

 

TEST

Ces métiers-là sont également au poil, à condition qu'on les écrive comme il faut !

bibliothécaire, disquaire, magasinier, marionnettiste, rédacteur en chef (fin pour les juniors) ;

billettiste, carrossier, commissaire-priseur, kinésithérapeute, psychanalyste (fin pour les amateurs) ;

chef de produit, commis-greffier, médecin légiste, mytiliculteur, offsettiste (fin pour les professionnels).